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Hypnose et cancer : un soutien au quotidien

Hypnothérapeute

femme souriante habillée en rose et avec un foulard rose sur la tête.

Traverser un cancer, ce n’est pas seulement suivre des traitements, souvent lourds,  et enchaîner les rendez-vous médicaux. C’est aussi vivre avec tout ce que la maladie vient bousculer : les émotions, le quotidien, les relations avec les proches, l’image de soi, les projets…

Un soutien psychologique est d’ailleurs souvent proposé dans la prise en charge du patient, pour lui permettre de mettre des mots sur ce qu’il vit, de mieux comprendre ses réactions et trouver de nouveaux repères.

L’hypnose peut venir en complément, en proposant de travailler sur les sensations, les émotions, les ressentis et les ressources intérieures de la personne. Elle peut être particulièrement intéressante lorsque les émotions sont difficiles à exprimer avec des mots, lorsque le corps prend beaucoup de place ou simplement lorsqu’on ressent le besoin de vivre les choses autrement que par la parole.

Du diagnostic à la mise en place du traitement : il n’y a pas que le corps qui est mis à rude épreuve

Choc de l’annonce, incompréhension, colère, peur, découragement, sentiment d’injustice, difficultés à en parler à ses proches… L’annonce de la maladie peut s’accompagner de nombreux bouleversements.

Les examens s’enchaînent, les rendez-vous se multiplient, les traitements se préparent. Le corps est très entouré médicalement. Et pendant ce temps-là, la tête fait de son mieux pour suivre.

Tout commence alors même que l’on peut avoir l’impression que beaucoup de choses s’arrêtent ou sont mises entre parenthèses : le travail, les habitudes, les projets, parfois même la capacité à se projeter quelques semaines plus tard.

Dans ces moments, l’hypnose thérapeuthique peut offrir un espace différent, une parenthèse dans le parcours médical.

Elle peut notamment permettre de :

  • s’accorder un moment de détente et de récupération ;
  • accueillir des émotions parfois difficiles à exprimer ;
  • apprendre à vivre avec certaines émotions, comme la peur de la mort,  plutôt que de dépenser toute son énergie à lutter contre elles ;
  • mobiliser des ressources pour traverser les différentes étapes du parcours ;
  • accompagner les changements de vie imposés par la maladie ;
  • retrouver progressivement la possibilité de se projeter malgré les incertitudes.

Prenons un exemple : une personne qui ressent une forte anxiété avant chaque examen de contrôle. Elle sait rationnellement qu’elle doit passer cet examen, mais quelques jours avant, son sommeil se dégrade, les pensées tournent en boucle et le corps se met en tension. Le travail en hypnose peut alors porter sur cet état d’anticipation : retrouver un sentiment de sécurité, calmer certaines réactions corporelles et développer des ressources qu’elle pourra réactiver avant ses prochains rendez-vous.

Entre traitements, rémission et parfois rechute : prendre aussi soin de ses ressources psychiques

Le parcours n’est pas linéaire. Il peut y avoir des périodes où l’on se sent fort, confiant, prêt à avancer… et d’autres où la fatigue, la peur ou le découragement prennent davantage de place.

On peut avoir besoin de se remobiliser. Mais aussi, parfois, de s’autoriser à ne pas aller bien.

Dire qu’on en a marre. Qu’on est fatigué. Qu’on trouve cela injuste. Faire une pause avant de repartir. Accepter que l’on ne puisse pas être positif et combatif en permanence.

Les proches, même très présents et bienveillants, peuvent eux aussi être impactés émotionnellement  par la maladie. Il n’est donc pas toujours facile de leur confier certaines peurs ou certaines pensées. Parfois, on cherche même à les protéger.

L’hypnose offre alors un espace où il n’est pas nécessaire de faire bonne figure. Les séances sont personnalisées en fonction de la personne, de ce qu’elle traverse à ce moment précis et de ce dont elle a besoin.

Par exemple, une personne peut très bien dire : « Tout le monde me dit que je suis courageuse, mais aujourd’hui je n’ai plus envie d’être courageuse. » L’objectif de la séance ne sera pas forcément de la « remotiver », mais peut-être simplement de lui permettre de déposer cette fatigue, de l’accueillir et de retrouver, à son rythme, d’autres ressources.

L’hypnose peut également être utilisée en complément des soins médicaux pour travailler sur le stress, l’anxiété, la tolérance aux douleurs ou aux inconforts, le sommeil ou encore l’appréhension de certains soins, selon les situations et toujours en lien avec la prise en charge médicale.

Et lorsque les traitements s’arrêtent, tout ne s’arrête pas pour autant

« Vous êtes guéri. »

Ces mots tant attendus peuvent apporter un immense soulagement. Pourtant, ils ne signifient pas nécessairement que tout redevient immédiatement comme avant.

Le cancer peut laisser des traces visibles ou invisibles. Le corps a parfois changé. Les priorités aussi. Certains projets ont été interrompus ou transformés. Et il faut apprendre à vivre avec cette nouvelle version de soi….

Il n’est pas rare de ressentir un décalage entre la joie des proches heureux de voir enfin « la vie normale reprendre »,  et ce que l’on ressent intérieurement. La peur de la récidive peut perturber votre quotidien. Une colère peut être encore présente. On peut aussi avoir simplement besoin de davantage de temps.

C’est aussi là que l’hypnose peut trouver sa place : accompagner la réappropriation de son corps, apaiser certaines peurs, accueillir ce qui reste encore difficile, retrouver de la confiance et se projeter à nouveau.

Une personne en rémission peut, par exemple, se sentir physiquement prête à reprendre ses activités mais rester constamment en alerte du moindre signal de son corps, avec cette question en arrière-plan : « Et si ça revenait ? » Le travail en hypnose peut l’aider à ajuster ces fonctionnements inconscients.

Psychologue et hypnothérapeute : deux accompagnements qui peuvent être complémentaires

Le psychologue peut aider à mettre des mots, comprendre ce que l’on traverse, et travailler sur les répercussions psychologiques de la maladie. L’hypnose peut proposer un travail sur  les sensations, les émotions, les automatismes et la mobilisation des ressources de la personne. C’est aussi une pratique qui mobilise l’imagination et la créativité, qui sont en soit très ressourçantes.

L’hypnose ne se substitue ni aux traitements, ni au suivi médical, ni à une prise en charge psychologique ou psychiatrique lorsqu’elle est nécessaire. Elle peut en revanche apporter un soutien supplémentaire, pet aider à mieux vivre certaines phases de la maladie.  Elle permet de remettre de l’humain au milieu du parcours de soins, en permettant à la personne de vivre une expérience différente et ressourçante, centrée sur ses émotions et sentiments. L’espace d’une séance, redevenir une personne avant d’être un patient. 

Caroline Millot - Hypnothérapeute

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